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Courons le monde

Retour en France, qu’est-ce que ça fait ?

C’est depuis mon bureau, en France que j’écris cet article de conclusion. Je ne vais pas faire le décompte des avions, des heures de bus et des touristas car j’ai depuis un moment perdu le compte! Je vais plutôt parler du retour et des échanges que l’on a pu avoir depuis.
Le 1er juillet nous atterrissions sur la piste de Charles de Gaulle et Paris nous accueillait avec son crachin peu enthousiasmant pour un retour. Nous n’en étions cependant pas moins excités de retrouver nos familles, et très vite nos amis. C’est mon papa qui est venu en voiture nous accueillir. Ça y est « nous rentrons à la maison », cette phrase qui ne faisait plus partie de notre vocabulaire ces dernier temps.

 

 

« Vous êtes pas trop triste de rentrer ? »

 

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Je vous avoue que nous avions la gorge serrée, lorsqu’à Hong-Kong, l’avion du retour quittait la piste. Et pourtant nous avions hâte de rentrer. Fatigués, aussi bien physiquement que moralement, impatients de revoir tout le monde, ces derniers jours nous attendions l’heure du départ. C’est en attendant nos bagages à Paris que nous nous sommes regardés et avons réalisé que ce voyage était fini. Nous avions encore l’image du départ il y a un an, nous, débarquant ici, avec nos sacs à dos et notre allure maladroite de backpackers débutants. C’est les yeux un peu humides que nous nous rassurons en nous rappelant tous les beaux projets qui nous attendent ici en France, et le bonheur de revoir nos proches qui nous fera vite oublier notre nostalgie naissante.

 

 

« Alors comment ça fait d’être rentré ? Ça doit vous faire bizarre ! »
Oui et non.

 

Oui, c’est bizarre, cette sensation inexplicable d’avoir toujours envie de faire quelque chose alors que l’on revient d’un an de voyage physique, de s’ennuyer si l’on reste plus de 15 minutes sur le canapé, d’être de mauvaise humeur sans savoir pourquoi, d’avoir des millions de choses à faire mais de pas savoir par où commencer, d’être debout à 7h et de ne pas avoir de super montagne à grimper aujourd’hui…

 

C’est drôle de rentrer dormir au même endroit, de reconduire une voiture, d’oublier de jeter le papier dans les toilettes, d’oublier de prendre sa douche tous les jours, d’oublier qu’il y a un lave-vaisselle, d’enfiler un jean, d’avoir des habits qui sentent la lessive, de redécouvrir la puissance gustative de la gastronomie française…

 

C’est bizarre de reprendre les même routes qu’avant, de refaire le même parcours lorsqu’on va courir, de reprendre le RER A, comme si l’on revenait dans le passé, d’un coup, c’est même plutôt effrayant lorsqu’on oublie presque qu’on est parti.

 

C’est drôle d’allumer la télévision et de voir qu’il y a toujours les mêmes émissions mais encore plus nombreuses et encore plus intellectuelles (rire), les reines du shopping ont donné naissance aux reines du make-up; de retourner au centre commercial et de voir que sa superficie a doublé, que les magasins se sont multipliés, que les soldes attirent encore plus de gens qu’avant, de se retrouver dans un supermarché aussi grand qu’un village népalais et d’être perdu dans les allées, de parcourir les rayons de Etam en se demandant « mais pourquoi ils ont 120 modèles de t-shirt blanc c’est pas tous les mêmes? »…

 

C’est étonnant de se balader à Paris et de voir que tout est propre, tout est beau, de retrouver les poubelles de tri, des passages piétons avec des feux de signalisation, d’avoir l’impression que les façades ont été rénovées, que 10000 nouveaux cafés vintage ont ouvert, d’y retrouver tes amis qui étaient fauchés à l’époque et qui gagnent bien leur vie aujourd’hui, et qui finalement t’offrent le verre à 5 euros qui te permettaient de manger pour une journée la semaine dernière…

 

Mais malgré tout, ici c’est là où on a grandi, c’est notre culture, et même si on est parti un an dans des pays à mille lieues de notre mode de vie, on se réadapte vite (même peut-être un peu trop vite sur certains points, oui j’avoue j’ai retrouvé mon Iphone comme une enfant devant un nouveau jouet). On a vécu des moments incroyables cette année, mais vous ne m’entendrai pas dire « c’était mieux là bas » car lorsque je reparcours les rues de Paris, que je m’assois sur le bord du canal Saint Martin, que je pique-nique sur les pelouses du bois de Vincennes, je me dis j’aime cette vie, c’est aussi la mienne et ça m’avait manqué.

 

 

« Et aujourd’hui alors comment vous vous sentez? »

Nos émotions ont l’air de suivre des montagnes russes. Comme toujours, il y a des hauts et des bas. Si l’on repense un instant à un moment du voyage lorsqu’on est seul où tous les deux, la nostalgie nous regagne à nouveau et le moral chute. J’ai tendance à penser que l’on se protège en cherchant une occupation permanente pour ne pas y penser. En revanche parler avec des amis de notre voyage ne nous pose aucun problème, nous ne nous sentons pas tristes. Nous aimons partager, répondre aux interrogations, repartir dans le passé…

 

 

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Trek dans le parc Tierra del Fuego, Ushuaïa, Argentine

 

 

« J’ai l’impression de ne pas vous avoir quitté avec le blog, je vous croyais encore en Mongolie »
Nous avons été surpris de découvrir que beaucoup de personnes suivaient régulièrement notre blog sans qu’on le sache. Les retours ont été très positifs. Cela nous touche énormément car l’intention initiale était bien celle de partager notre voyage mais nous avions peur d’en ennuyer certains ou d’en frustrer d’autres. Les lecteurs se sont étendus à un cercle plus large que notre famille et nos amis et nous sommes ravis d’avoir pu diffuser notre engouement et nos découvertes.

 

 

« Alors, quel est votre pays préféré? »
On s’y est préparé à cette question, mais on a toujours pas trouvé la réponse! Incontestablement nous avons préféré l’Amérique du Sud, mais quel pays? Il est difficile pour nous d’en mettre un au dessus de l’autre.

 

 

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Trek de l’Alpamayo, Pérou

 

 

Pour autant nous avons identifié les raisons:
– L’espagnol est une langue que j’apprécie beaucoup quant à Edouard, il s’est largement réconcilié avec, malgré ses anciennes réticences. L’entendre et la parler au quotidien nous a plu, et surtout nous a permis de nous intégrer bien plus facilement à la vie locale qu’en Asie; La communication avec les populations était facile et spontanée.
– Des espaces naturels imposants, impressionnants, irréels, extrêmement diversifiés, nos plus beaux treks, nos plus hauts sommets, nos plus grandes chutes d’eaux…
– La convivialité des auberges de jeunesse: il y a toujours une cuisine, un salon, où l’on rencontre plein d’autres voyageurs. Chose quasiment impossible à trouver en Asie.
– Le respect de la planète, la propreté des lieux publics, des auberges est incontestablement meilleure.
Attention, je ne dis pas que nous n’avons pas aimé l’Asie, qui elle possède aussi ses qualités! La Malaisie nous a littéralement conquis! La Birmanie et le Népal sont également des pays aux cultures et aux paysages époustouflants!

 

 

« Le moment le plus fort de votre voyage? »
L’ascension du Huayna Potosi à 6088m, en Bolivie. Au sommet, les larmes ont coulé après les 6h d’ascension nocturne dans la glace. Le lever du soleil a illuminé la terre nous offrant une vue à 360 degrés au dessus des montagnes jusqu’à l’Amazonie.

 

 

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Lever du soleil, au sommet du Huayna Potosi, Bolivie

 

 

« Quelle est votre prochaine destination? »
Il faut se l’avouer, le voyage est une drogue, et qui y a gouté ne pourra plus s’en passer. Oui, on aura envie de repartir, peut-être pas si longtemps, peut-être pas pour les mêmes raisons, sûrement dans un but différent que celui de découvrir les paysages et les cultures de pays en pays. Le voyage nous a beaucoup fait réfléchir sur nous, nos engagements vis à vis de la société, de l’environnement, des autres, du monde et s’investir dans des actions raisonnées fera partie de nos intentions de vie quotidienne et indéniablement de notre futur voyage. Comme le dit Giacomo Casanova « L’homme qui veut s’instruire doit lire d’abord, et puis voyager pour rectifier ce qu’il a appris ».

 

L’Amérique centrale nous tente beaucoup, Nicaragua, Costa Rica mais aussi la Colombie sont des pays qui feront sûrement l’objet d’autres beaux périples. Ce qui est sur c’est qu’en grattant notre carte du monde en rentrant, on s’est dit « mais on a rien fait en fait!!! », et heureusement! Ça nous en laisse encore beaucoup à découvrir !

 

 

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En attendant, nous comptons profiter de la France, de ce pays qui, croyez-moi, a une très belle image dans le monde et qui occupe les rêves de voyage de nombreuses personnes!

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2 Commentaires

  1. Laure 7 juillet 2017

    Très beau bilan Ophélie ! J’en ai eu des frissons 🙂
    Bon retour et à très vite !

  2. mathilde 10 juillet 2017

    magnifique 🙂 <3 hate de revoir vos bouilles

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