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Courons le monde

À 6088m, au sommet du Huayna Potosi, un rêve se réalise

A force d’admirer les sommets enneigés d’en bas (enfin relativement parlant), une petite envie nous titille depuis 2 mois, gravir un sommet à 6000. Maintenant bien acclimatés à l’altitude et bien en forme, nous estimons qu’il est temps de passer à l’action. Le Huayna Potosi nous appelle au loin derrière l’étendue de La Paz.

 

L’ascension est réalisable en 2 jours ou bien 3 si l’on souhaite s’acclimater et s’initier à l’alpinisme. Nous choisissons l’option 2 jours avec une petite appréhension tout de même sachant que le taux de réussite est de 50%. C’est la première fois que l’on grimpe sur la neige, nous n’avons jamais chaussé des crampons ni planté un piolet mais nous aimons le risque!

 

9h nous partons de La Paz, dans la camionnette: 2 hollandais, une irlandaise, un brésilien et Arnaud, Laure et Joris, les 3 français que nous avons rencontré à l’auberge. Direction la grande montagne enneigée!

 

 

Huayna van

 

 

Sur le chemin, nous nous arrêtons acheter des feuilles de coca. La plante est omniprésente dans la culture sud-américaine, ses feuilles se mastiquent pour former une chique qui se garde dans un coin de la bouche pendant des heures. Ses propriétés énergisante et digestive permettent de lutter contre le mal d’altitude. C’est d’ailleurs à partir de la feuille de coca et de la noix de cola que la boisson internationale est créée. Par contre le goût amer et herbacé de la feuille naturelle n’a rien à voir avec le goût du Coca-Cola. Elle est aussi présente partout sous forme d’infusion et de bonbon, que nous aimons déguster.

À la sortie de la ville, nous traversons des plateaux arides, des lagunes et la Paz au loin qui s’éloignent.

 

 

Paysage trajet

 

 

Le camp de base se situe à 4800m, c’est ici que nous commençons notre ascension. Edouard est barbouillé et ne peut avaler son repas. 1h45 nous sépare du refuge, une petite grimpette pour nous mettre en jambe et nous donner soif de nouveaux paysages. Quatre autres personnes qui entament leur deuxième jour nous rejoignent tandis que les français partent pour leur initiation alpinisme (ils ont choisi l’option 3 jours).

 

 

Paysage jour 1

 

 

Chemin refuge

 

 

Paysage jour 1

 

 

Nous profitons de l’après midi au refuge pour discuter autour d’un thé, bouquiner face au glacier et admirer la mer de nuages qui commence à encombrer la vallée.

 

 

Paysage refuge

 

 

17h le dîner est servi mais nous n’avons pas faim, un peu remué par l’altitude peut-être (mais comme nous avons souvent mal au ventre, la cause est difficile à identifier). 18h30 il est l’heure d’essayer de dormir un peu car le réveil est prévu très tôt ou plutôt tard…

 

23h30, après avoir somnolé 2-3h, il est temps de s’équiper: 3 pantalons, 3 pulls, 2 chaussettes, 3 couches de gants, cagoule, chaussures, casque et baudrier. C’est parti! La lune éclaire la montagne, nous allumons nos lampes torches mais elles sont presque superflues. À peine 30 min après le départ nous chaussons les crampons et nous encordons à notre guide Felix, qui depuis 7 ans monte 2 fois par semaine, facile pour lui! Nos premiers pas sur le glacier crépitent, notre impatience augmente. Au loin l’orage gronde sur l’Amazonie, les éclairs oranges offrent un spectacle unique. Ici le ciel est rempli d’étoiles. De l’autre côté, les lumières de La Paz forme un halo. On aperçoit une partie d’El Alto.

 

Nous commençons à mâcher des feuilles de coca, en prévention, ainsi que des gommes à la coca, au gingembre et à la menthe. Cela soulage les maux de ventre d’Edouard. Nous poursuivons l’ascension, enjambant les crevasses, grimpant les pentes raides au piolet, respirant sur les parties plus plates. Un dernier raidillon de rochers et de glace nous sépare du sommet. Tandis qu’Edouard a recouvré sa forme, cette dernière heure m’arrache les dernières forces qu’il me reste. Chaque lancée de piolet est une épreuve, mes jambes sont lourdes, mais je m’accroche à la vue du sommet si proche. Le jour se lève, le soleil est encore derrière les montagnes lorsque nous atteignons la cime du Huayna Potosi après 5h30 d’effort. Les larmes nous gagnent face à ce panorama époustouflant et à cette épreuve physique et mentale que nous venons de réaliser. Nous avons du mal à y croire.

 

 

Edouard sommet

 

 

Vue montagnes nuages

 

 

Sommet Huayna

 

 

Le glacier ne nous autorise à rester que 15 minutes avant de redescendre, une fois le soleil sorti, les éboulements et avalanches peuvent survenir. Il est aussi déconseillé pour le corps de rester trop longtemps au repos à cette altitude. Nous entamons donc la descente, aussi technique que la montée sur les parties accidentées, avec le soleil qui nous réchauffe.

 

 

Alpinisme

 

 

La lumière du jour nous dévoile le trajet que nous avons parcouru la nuit, révélant la beauté du paysage. Des crevasses profondes, des étendues de neige, des murs de glace, des champs de pics…

 

 

Vue glacier

 

 

Crevasse

 

 

La fatigue se fait sentir, des maux de têtes nous gênent. Nous peinons sur les derniers mètres, cela fait plus de 8h que l’on marche avec seulement quelques pauses de 5 minutes. Arrivés au refuge, une bonne soupe nous soulage, avant de repartir pour une dernière heure de marche vers le camp de base.

 

Voilà une excursion hors du commun que l’on ne risque pas d’oublier. Exténués mais fiers et comblés, nous retrouvons l’agitation de La Paz. Il nous faudra une bonne nuit de 12h de sommeil pour récupérer. Nous retrouvons Laure, Arnaud et Joris au restaurant autour d’un bon steak!

 

 

 

 

Toutes les photos de notre ascension sur Flickr:
Album Bolivie

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