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Descente sur Mars, le Chimborazo en VTT

7h30, Riobamba, Carlito nous embarque devant notre hôtel dans son 4×4 surmonté de VTT. Le ciel est encore couvert mais une belle journée nous attend. Au programme, une descente de 40km sur les chemins du Chimborazo, le plus haut volcan d’Equateur, qui culmine à 6310m d’altitude. Trois coréens montent à bord sur le chemin et nous voilà parti pour rejoindre notre point de départ, le refuge des frères Carrel, à 4800m. A peine sortis de la ville, nous sommes coincés dans l’embouteillage que forme chaque samedi le marché animalier. Remplis d’interrogations, nous entamons une longue discussion avec Carlito. Le marché animalier est une tradition et les équatoriens se déplacent de loin pour acheter les bêtes encore vivantes. Avant même le marché, dans la file des voitures presque à l’arrêt, Certains commerciaux, sur le bas côté, grimpent aux camionnettes pour regarder leur contenu et éventuellement acheter pour de bons prix des animaux qu’ils revendent ensuite plus cher ailleurs. Tout ce trafic nous rebute étant depuis peu sensibilisés aux tristes processus de la consommation animale par l’Homme et ses conséquences néfastes aussi bien pour l’environnement que pour la santé. Ce n’est pas la première fois que nous sommes confrontés à ce genre de situation. En Equateur, dans les marchés alimentaires, il y a une partie fruits et légumes, une partie céréales et produits laitiers, et une partie viande. Cette dernière est une succession d’étals où sont pendus les carcasses animales reconnaissables, rien n’est conservé au frais, l’odeur du sang inonde l’espace (oui il n’y a pas que de belles choses en Equateur!). Cette viande vient donc de ces marchés animaliers! Nous en venons à parler de cuisine, et Carlito nous explique les différentes spécialités de la cuisine locale et ancestrale, notamment le porc « cerdo » et le cochon d’Inde « cuy », le maïs est ses multiples espèces et manières de cuisiner, des légumineuses dont le nom nous a échappé qui se cultivent dans les campagnes et qui nourrissent les agriculteurs si bien qu’elles n’atteignent pas les villes.

 

 

mais grille

 

 

Nous croisons aux abords du marché beaucoup de femmes vêtues de leur tenue traditionnelle, il en existe plusieurs sortes et chacune est caractéristique d’un endroit. Nous posons ensuite à Carlito la question des maisons inachevées que l’on trouve partout dans le pays. En fait, les équatoriens construisent d’abord le rez-de-chaussée avec tout l’argent qu’ils ont, puis plus tard quand ils en ont à nouveau, ils construisent le deuxième étage et ainsi de suite. C’est le résultat d’une manière de vivre particulière aux équatoriens: ne pas prévoir dans l’intégralité mais faire petit à petit avec ce qu’ils ont dans le présent. Malheureusement la pauvreté est réelle et parfois ils n’ont pas assez pour finir le rez-de-chaussée, d’où les maisons encore décrépies.

Nous nous arrêtons sur le chemin observer les falaises et les strates volcaniques.

 

 

ophelie vide

 

 

Nous passons par de petits villages où persistent de petites cabanes traditionnelles, les « chozas », construite en terre et au toit de chaume. Chaque choza a une fonction précise: une pour la chambre, une pour la cuisine, une pour garder toute l’alimentation etc.

 

 

Chozas

 

 

Nous traversons ensuite un village 100% indigènes. Carlito nous explique que les équatoriens se lèvent vers 4 ou 5h du matin pour préparer le petit déjeuner et ensuite partent tous en famille au travail communautaire, dans les champs alentours. Nous voyons certains groupes au coin des rues, bottes aux pieds, pelles à la main, attendant leurs transporteurs. Ils montent ensuite à l’arrière de petites camionnettes, on voit alors une vingtaine de bustes dépasser du véhicule, roulant vers les champs. Certains agriculteurs transportent leurs animaux vers d’autres champs, il arrive donc aux voitures de doubler des vaches, des moutons, des porcs, qui marchent librement sur la route.
vache rue

 

 

Au fur et à mesure que nous grimpons, les nuages se rapprochent, la vie agricole s’éloigne, la végétation s’évanouie, et au delà de 4300m, la seule verdure qui reste est une plante aux fleurs oranges qui parsème le sol sableux. Il en est de même pour la faune. Le seul animal présent et spécifique de cette altitude est le « vicugna », un mélange entre chameau et lama, élégant et très rapide. Le paysage brumeux est très mystérieux et nous ne voyons pas encore beaucoup plus loin qu’à 50m autour.

 

Vicugna

 

 

Le Chimborazo dévoilera sa robe neigeuse et son paysage désertique seulement à notre arrivée au refuge, d’où nous partons à pied rejoindre le deuxième refuge situé à 5000m, puis la lagune à 5100. Nous sommes déjà époustouflés par cet endroit impressionnant, mais dès lors que les nuages se dispersent, la vue est sublime. L’altitude se fait sentir, mais seul le manque de souffle nous impose de marcher à un rythme lent qui concorde cependant au paysage lunaire. Parfois nous nous arrêtons écouter le silence et observer les nuages qui se déplacent à grande vitesse, rendant imprévisible la météo. Le vent souffle mais la montée nous réchauffe si bien que nous sommes en petit pull en haut!
nous sommet

 

 

edouard 5100m

 

 

Il est temps de redescendre pour monter sur le VTT, avec notre guide Danielo, et Carlito qui nous suivra en voiture tout du long derrière les coréens qui visiblement n’étaient pas habitués à faire ce genre de sport… Cela dit nous gardons une certaine autonomie pour pouvoir descendre chacun à notre vitesse, nous nous retrouvons donc souvent tous les deux au milieu de l’immensité. Le temps est plus clair et nous découvrons ce que nous n’avons pu voir à l’aller en voiture. Nous roulons sur une autre planète, un mélange entre la lune et Mars, époustouflant. Nous avons du mal à croire à la réalité de cette nature. Nous croisons des vicugnas qui traversent la route à 20m de nous. Les montagnes s’étalent à des kilomètres. Le temps s’arrête.

 

 

chimborazo lunaire

 

 

chimborazo 1er refuge

 

 

Au fur est à mesure que nous descendons, le paysage se transforme. D’abord dans les tons jaunes puis verts, la végétation revient et se marie à merveille avec la neige du sommet. Le soleil est au rendez-vous et nous offre une vue splendide sur le volcan. Nous nous arrêtons fréquemment pour contempler, respirer, écouter, et nous imprégner de cet environnement. Nous peinons souvent à réaliser que nous sommes ici, en Équateur, au milieu d’une telle beauté, mais nous prenons conscience de la chance que nous avons. Nous traversons des prairies, nous roulons sur le chemin des incas, nous retrouvons les villages avec les chozas, et sur la fin nous passons le long des champs où les familles achèvent leur journée de travail. La descente se termine sur la route vers la ville indigène de San Juan, à 3000m d’altitude, où les groupes d’animaux occupent les voies, de retour eux aussi.

 

 

chimborazo inca

 

 

C’est presque les larmes aux yeux que nous nous retournons pour apercevoir une dernière fois le Chimborazo, éclairé par la lumière du soleil couchant.

Nous avons pris beaucoup de plaisir à discuter avec Carlito et Danielo qui nous ont appris beaucoup de choses et qui ont su trouver la bonne manière d’accompagner des « touristes » à vélo. Nous qui sommes rétissant à découvrir le pays par le biais d’agences ou de guides, cette expérience nous a prouvé qu’il existe des entreprises locales ravies de nous faire découvrir la vie d’ici et de partager un bon moment ensemble. Cette journée restera certainement dans nos mémoires de l’Équateur.

 

 

vtt guides

 

 

 

Toutes nos photos du Chimborazo sur Flickr:
Album Equateur

 

 

Vidéo de notre descente:

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